Sortilèges de l'écriture

PIERRE VICAN

14 septembre 2006

« Il est impossible de parcourir une gazette quelconque…»

« Il est impossible de parcourir une gazette quelconque, de n’importe quel jour ou quel mois ou quelle année, sans y trouver à chaque ligne les signes de la perversité humaine la plus épouvantable, en même temps que les vanteries les plus surprenantes de probité, de bonté, de charité, et les affirmations les plus effrontées relatives au progrès et à la civilisation.
Tout journal, de la première ligne à la dernière, n’est qu’un tissu d’horreurs. Guerres, crimes, vols, impudicités, tortures, crimes des princes, crimes des nations, crimes des particuliers, une ivresse d’atrocité universelle.
Et c’est de ce dégoûtant apéritif que l’homme civilisé accompagne son repas de chaque matin. Tout, en ce monde, sue le crime : le journal, la muraille et le visage de l’homme.
Je ne comprends pas qu’une main pure puisse toucher un journal sans une convulsion de dégoût. »

– Charles Baudelaire, Mon cœur mis à nu.


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03 septembre 2006

Belle

de Nathalie Fossati

fille

 

La première fois qu’il l’avait remarquée, c’était au bout de l’allée.

L’avion venait de s’immobiliser et il s’était levé pour déployer ses jambes. Jetant un regard circulaire pour assouplir sa nuque endolorie, son regard s’arrêta. Elle était debout, de dos, attendant comme tout le monde que la porte de l'avion ne s’ouvre.

Après ce long voyage, le gros porteur faisait grise mine : des kleenex, journaux à moitié lus, des couvertures en boule jonchaient le sol et les sièges. Il régnait un parfum doucereux et lourd, intimité d’une nuit partagée avec deux cents quarante-neuf individus.

C’était sa robe qui tout d’abord, l‘avait attiré. Enfin ce qu’il en voyait. Il la découvrait par moments dans son entier au gré de la danse mêlée de fatigue et d’impatience de la douzaine de passagers qui attendaient devant lui. C’était une robe longue dont l’étoffe, légère était de couleur pastel. Elle n’était pas moulante mais laissait apercevoir certaines parties du corps de façon plus suggérée que vraiment montrée. Les épaules étaient nues, le dos et la taille délicatement enserrés dans un laçage géométrique. La robe était un peu froissé aux fesses, détail qu’il aperçut entre un nikkon et un hamac mal enveloppé mais, cela se perdait dans les imprimés du tissu.

Il sentit une bouffée de douce chaleur l’envahir lorsqu’il contempla sa peau. Les bras nus de l’inconnue étaient bronzés, dorés et sa nuque portait encore quelques traces de sommeil. Il avait l’impression de la sentir. Un parfum naturel, un peu piquant et chaud qui l’attirait irrésistiblement. Il se mit à rêver sur sa destination de départ. D’où venait-elle ? Sa robe avait peut-être été achetée lors de son voyage bien qu’elle ne fasse pas très sud-américaine… Quel soleil avait amoureusement caressé cette femme ? Celui de l’Équateur, de la Colombie ou du Brésil ?

Le problème avec les charters, c’est qu’ils ramassaient des passagers partout pour rentabiliser, cet ultime trajet (pour lui, elle poursuivait peut-être…) ne le renseignait pas beaucoup plus sur l’endroit d’où elle pouvait venir. Il était comme hypnotisé et il cherchait, en la regardant des réponses à ses questions qui ne venaient pas. Pourtant, le seul fait de la contempler lui rendait l’inconnue familière.

Il était envahi de sentiments un peu étranges, vu la situation. Outre le désir et l’envie, la vision de cette femme lui amenait le calme et la sérénité. Bien que ne la connaissant pas, il avait l’impression qu’elle saurait lire en lui comme dans un livre ouvert, qu’elle saurait entendre ce qu’il n’avait encore jamais dit.

Il était pourtant surpris son allure générale. Les autres passagers, las et fourbus de ces neuf heures de vol, avaient une allure disloquée. Elle se tenait droite, non pas rigide mais ferme, un peu comme une reine d’un continent oublié. Doucement, elle se mit à faire de légers mouvements de tête pour s’étirer. Ses cheveux relevés en chignon étaient bruns mais des mèches plus châtain entouraient son visage. A chaque mouvement, une mèche du chignon s’échappait et cela rajoutait à cette vision quelque chose de très romantique. Toutes ces images le troublaient, il aurait aimé être un photographe pour fixer ces détails.

Il était happé par la sensualité qu’elle dégageait… Il s’imaginait approcher sa bouche et déposer un baiser dans son cou lorsque le petit convoi de voyageurs se mit en marche avec des «ah !» de contentement. Il détourna la tête pour attraper son sac et se remit à l’observer.

Elle tourna à gauche vers le sas et il découvrit rapidement son visage avant qu’elle ne lui tourne le dos à nouveau. Son visage, ovale, encadrait des traits réguliers d’une grande douceur. Son nez assez grand et droit lui donnait un caractère responsable. Sa bouche, charnue et ourlée d’un mince liseré plus clair, lui fit tourner le sang. Dieu, qu’elle était belle…

Passant devant les deux hôtesses et le commandant, il les remercia en espagnol, oubliant qu’il était à nouveau sur le sol français. Les passagers, tel un lâcher de perdrix, se dispersèrent enfin. Il aperçut la belle dans sa totalité. "Belle", c’est comme ça que désormais et peut-être pour seulement dix minutes, il l’appellerait.

"Belle" marchait à son rythme d’une démarche souple et élégante, aucun de ses pas ne paraissant toucher le sol. Sa robe longue, aux multiples remous était un peu transparente, il aperçut ainsi une de ses jambes. Longue, fuselée, il eut l’image d’une liane enlaçant un tronc. Elle portait des nu-pieds, de style un peu grec. "Belle" ne ressemblait à personne. Elle était un mélange ethnique, surprenant et sobre. La Terre semblait lui avoir confié des secrets et elle avançait dans le monde tel un messager muet.

Il se hâta un peu car elle creusait l’écart et, après plusieurs couloirs aux couleurs synthétiques et aux angles très droits, ils se retrouvèrent enfin à l’air libre. Il emplit ses poumons d’oxygène non pressurisé et suivit "Belle" vers un autobus qui les emmenait encore.

Il faisait lourd à Paris et le ciel de cette fin de mois d’août était plein d’orages. Pour monter dans le bus, il la vit relever délicatement sa robe et, encore une fois, la sensation d’être face à un être d’un autre siècle, d’un autre monde, se fit sentir. Il joua des coudes pour se rapprocher tant et si bien qu’il se retrouva face à "Belle".

Il put ainsi la dévisager à loisir. Le soleil du bout du monde avait donné à son visage une couleur mordorée. Ses grands yeux clairs, semblaient parsemés de pépites jaune d’or. Son regard dans le vague, traversait les choses et les êtres sans s’y attarder. Ses paupières portaient quelques traces de la fatigue du voyage et le trait de crayon dont elle avait orné le tour de ses yeux s’était estompé de façon inégale. Mais il émanait de son visage un tel sentiment de plénitude, elle irradiait un sentiment si merveilleux qu’il ne semblait pas humain. Elle flottait par delà les autres passagers, bien au-dessus du bus, des avions et de Roissy-Charles de Gaulle. Non, elle n’était pas parmi eux. Elle était restée là-bas, dans cette autre partie du monde et, en plongeant dans ses yeux, il partit avec elle.

Il se sentit happé dans un tourbillon d’images puis, comme perché sur le dos d’un condor, il vit. Il vit des volcans menaçants, encerclant des havres de paix où des enfants couraient nus et souriants. Des cascades immenses assurant l’existence du divin, projetant des gerbes d’eau tel des cyclones. Des rios si larges qu’on n’en voyait pas l’autre rive, bordés de part et d’autre d’une végétation impénétrable et luxuriante. Des ciels de soir d’orage que les dieux peignaient à grand renfort de couleurs et de nuages. Des pluies d’un autre monde dont le bruit si assourdissant résonnait encore dans les oreilles bien après l’accalmie. Des montagnes si grandes que l’homme lui-même devenait fourmi. Il vit les Andes et l’Amazone, l’immensité de l’immense qu’aucun mot d’homme n’avait retranscris.

Il volait avec "Belle" dans les bras des anges, son regard ivre de toutes les richesses de cette terre si vivante. Elle lui montra tout ce que, pendant son voyage il n’avait que pressenti. Tel un gamin apeuré, il n’avait pas osé danser sur le ventre de notre mère la Terre, la Pachamama comme l’appelle les Indiens. "Belle", en lui donnant la main, l’avait fait entrer dans la danse des fils et filles de la Terre. Il abandonna la peur, celle des autres et celle de lui. Son cœur se mit à battre, plein de l’amour des autres et de lui. "Belle", en lui donnant la main, l’avait fait naître.

Lorsque le bus s’arrêta et que les portes s’ouvrirent, ce fut un homme qui en descendit.

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netsaitom@yahoo.fr

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31 août 2006

Aujourd’hui, j’ai à faire…

…un champ de blé à ensemencer, le cours d’une rivière à creuser, un océan à traverser, des étoiles filantes à rattraper, des perles de pluie à ramasser, une montagne à déplacer, et les pleurs d’une petite fille à sécher parce qu’on lui a dit qu’elle ne savait pas peindre.


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21 août 2006

Un roman vous-dis-je !

falaise

«Un véritable drame ! Il y aura tout : les feux de l’amour ! l’angoisse du trépas, la lame de la trahison plantée dans le cœur de l’innocent, les richesses du Vatican, la solitude de l’île perdue, la douceur enflammée des tendresses charnelles ! Tout ! je mettrais mon âme à fondre au creuset de la damnation, rien que pour ce roman…
– Soit, mettez-vous-y et je vous accorde cette bourse…
– Monseigneur ne le regrettera pas ! »
Trois ans plus tard, après deux révolutions et une faillite, le nouvel éditeur ayant hérité des contrats de son prédécesseur s’enquiert du manuscrit en souffrance et fait envoyer un mot à l’auteur exilé… lequel ouvre le cachet dont la carte ne porte qu’un caractère :
« ? »
L'écrivain importuné s’assied à son bureau, repousse d'un bras l’amas de livres envahissants, allume sa chandelle à demi consumée, renverse le couvercle de l’encrier, trempe sa plume acérée dans le liquide sombre, gratte sur un carton vierge une brève réponse à son correspondant et appelle son secrétaire.
– « Tu feras porter cette lettre à Paris aujourd’hui, en mains propres. Et rapporte-moi du lard et du papier. »
Plein d’espoir, l’éditeur fortuné décachette l'enveloppe provinciale en se calant confortablement dans son fauteuil de cuir patiné aux accoudoirs ouvragés de têtes de tigres du Bengale. Sa bague de rubis rutile à l’index, ses feux chatoyants réveillent des reflets opalescents sur la perle mauve de sa cravate de soie. Sa main manucurée joue avec la missive sibylline. Un signe, un seul pour ample réponse sur le papier blême :
« ! »
Un monde opposé où campent deux attitudes inconciliables régit les mœurs de la création littéraire. Il se peut que la genèse de l'univers réside en fin de compte dans un intervalle que se disputent ces deux signes dont la charge émotionnelle fluctue au gré des pôles antagonistes, ceux de l’inspiration la plus détachée et de l’ambition la plus âpre. L’espace entre eux deux ? Un vide sidéral qui se nourrit du Verbe où s’entrechoquent le souffle éthéré de l'illumination esthétique, les viles préoccupations humaines, la quête de l'idéal, le désir d'assouvir quelque vengeance infâme, les rêves d’hégémonie, les affres de l'humiliation.
La naissance des nations, la chute des princes, le rocher qui s’écroule et emporte dans son élan l’orchestre de plein air, le baril de poudre qui explose en pleine mer dans les cales du trois-mâts, la mère désespérée qui court pieds nus dans la nuit, l’œil luisant du canon du revolver qui se tourne vers la nuque de l'amant jalousé… les pièces d’or qui scintillent dans le regard troublé d’un comptable fébrile, ce sont mille drames jaillissant de l’esprit embrasé d’un auteur indigent…
La création littéraire est fille d'un échange passionnel, aux humeurs agacées, contrariées, compliquées par le calcul des uns et la probité des autres… N’est-ce pas ainsi que naissent et périssent les illusions, les arts, les civilisations ?


© Pierre Vican, 9.11.2005


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De Gaulle - 18 juin 1940 - La guerre n'est pas finie

Éditions Acropole, 180 pages, 2001

Extrait

De_Gaulle
Pendant que de Gaulle reçoit ses ordres de mission, son fils Philippe, qui n’a que 17 ans, prépare son bac de philosophie, qu’il doit repasser en automne à Paris, au collège Stanislas. Le 15 mai, au matin, il reçoit un étrange appel téléphonique d’un aide de camp de son père qui lui apprend qu’une voiture viendra le chercher dans quelques heures pour l’emmener au château de Montry, près de Meaux. Avant midi, une limousine noire vient le prendre dans la cour du collège. Trois heures plus tard, le jeune homme arrive au pied d’un superbe manoir en brique au toit en ardoise. C’est là que campe l’état-major du général Gamelin. Tout autour, sur les pelouses, stationnent en désordre des véhicules militaires et civils. Des soldats en tenue de combat entourent quelques batteries de DCA. Par les portes et les fenêtres de la noble demeure circulent une multitude de fils téléphoniques reliés à des camions, équipés d’antennes, garés dans la cour d’honneur.
Le colonel de Gaulle – sa promotion n'est pas encore effective – se tient au milieu de la pièce, environné d’un groupe d’officiers de toutes les armes. Penchés sur des tables encombrées de téléphones de campagne ou à genoux sur le parquet, leurs mains à plat sur des cartes déployées, ils scrutent les tracés reproduisant la progression des troupes ennemies qui dessine des lignes de front de plus en plus proches de la capitale. Des cendriers pleins à ras bord sont posés sur des chaises. Des estafettes affairées ne cessent d’entrer et de sortir de la pièce.
On prévient le colonel que son fils est arrivé :
« Père ! Que se passe-t-il ? »
Charles de Gaulle se retourne. Philippe découvre un visage plus tendu que jamais, aux rides accentuées par des nuits blanches qu’accuse un teint de cire.
« Ah, vous voilà Philippe ! »
Ce n’est pas dans les habitudes de Charles d’extérioriser ses sentiments, encore moins d’embrasser sa progéniture. Il entraîne son fils à l’extérieur du château, sur la pelouse labourée par les chenillettes des véhicules militaires.
« Je vous attendais avec impatience. Je n’aurai pas le temps de venir à Paris comme convenu et je voulais quand même vous voir. Je dois repartir au front. »
Philippe est bouleversé par la gravité avec laquelle son père le dévisage. Sa voix est rauque et monocorde. Il se doute de quelque chose. Certes, Charles n’a jamais manifesté beaucoup de chaleur paternelle, mais, à cet instant, l’échange entre les deux hommes est encore plus dépouillé que d’habitude.
« Il m’est impossible de venir voir Élisabeth ni la petite Anne et ta maman. Je vais leur envoyer un mot pour leur dire de ne pas rester à Colombey, où elles risquent d’être exposées. Il vaudrait mieux qu’elles s’installent près d’Orléans, chez votre tante Suzanne Vendroux. »
Charles glisse sa main dans la poche intérieure de sa vareuse, en ressort un portefeuille dont il extrait une liasse de billets de banque.
« Voici environ deux mille francs pour toi et la famille. Prends-en soin, vous en aurez besoin. Je ne suis pas certain que ma solde arrivera à temps sur mon compte. C’est tout ce que je peux vous donner. »
Philippe est surpris de se voir soudain confier une telle somme alors que, jusqu’ici, ses parents lui accordaient pour tout argent de poche un pécule de quelques dizaines de francs.
« Mais, Père, je dois passer mon baccalauréat à Paris et Élisabeth ne sait pas encore où elle doit passer la première partie du sien. Et à la rentrée, je dois préparer Navale ! »
De Gaulle jette un regard nerveux par-dessus son épaule.
« Je sais, mon fils. Malheureusement, les événements se précipitent. Vous devez être prêts, toi et ta sœur, à quitter Paris. Entre nous… c’est très sérieux. »
À la surprise de Philippe, son père s’approche et l’embrasse. L’entrevue n’a duré que quelques minutes. Philippe remonte dans la limousine noire pour regagner Paris, chargé d’une enveloppe destinée à faire face à toutes les éventualités.

© Pierre Vican


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Aliments astuces beauté

Éditions Delville

Extrait

aliments_beaut_Nous n’irons pas jusqu’à dire que les aliments préconisés dans ce guide sont susceptibles de supplanter les soins de beauté pour leur efficacité. Mais n’est-il pas intéressant de retrouver, par exemple dans la composition de crèmes hydratantes, des produits issus du règne végétal qui sont des aliments naturels comme l’huile d’olive ou le citron ? L’énergie, le métabolisme et la beauté sont trois facettes d’une même réalité.
Les vingt-cinq aliments recommandés dans cet ouvrage ont été choisis en fonction de leur qualité particulière sur le plan nutritionnel. Comme tout autre aliment, leurs interactions dans l’organisme est complexe et nous nous sommes efforcés de les décrire de la manière la plus simple. Vingt-cinq aliments suffisent-ils à combler tous les déficits et à redonner à notre corps sa capacité de séduction naturelle ? Non, bien sûr et nous aurions toutes intérêt à diversifier nos menus pour nous assurer à table un meilleur équilibre. Le choix de ces aliments constitue plutôt une base de travail, une invitation à enrichir notre « programme diététique » à partir de denrées considérées comme parmi les plus valorisantes du point de vue esthétique. Certaines sont de véritables merveilles comme l’huître, la pomme ou le miel. En consommant ces vingt-cinq aliments, vous êtes sûre de ne pas vous tromper ; ne consommer que ceux-là au détriment de centaines d’autres serait une grave erreur d’appréciation des besoins fondamentaux de votre corps. Si ces aliments nobles et généreux pouvaient prétendre à une nouvelle reconnaissance, ce serait d’être élues au rang de « reines de beauté ».

© Pierre Vican


 

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L'huile d'olive

Parution juillet 2006
Anagramme éditions
206 pages

Extrait

Huile_d_olive

L’huile d’olive est connue depuis l’Antiquité. C’est surtout par ses vertus gustatives, alimentaires, thérapeutiques et domestiques que cette essence de fruit a su conquérir le cœur des peuples méditerranéens. La légende dit que la déesse Athéna en fit don au peuple de la cité qui porte son nom : Athènes. On se servait de cette huile chaleureuse et onctueuse pour frictionner les nouveau-nés, pour se masser le corps au sortir du bain, pour soulager les troubles hépatiques, pour s’éclairer la nuit. La feuille même de l’olivier était réputée – et l’est toujours – pour ses bienfaits médicinaux tandis que le bois de l’arbre servait à façonner ustensiles et meubles. L’olivier a presque toujours accompagné l’Homme au gré de son destin et de son développement. Cet arbre d’une grande richesse symbolique réunit à lui seul les idées universelles de paix, de victoire, de fécondité et de purification. Il serait difficile de ne pas trouver de pays d’Europe ou d’Orient où, d’une manière ou d’une autre, l’olivier n’est pas célébré pour de semblables significations. Il y a jusqu’en Chine où, selon une autre légende, le bois d’olivier a la capacité de neutraliser certains poisons et venins. L’« or liquide » qui coule de l’olive mûre et pressée apporte tant de bienfaits que l’on aurait du mal à nous en passer dans la vie de tous les jours. Plus qu’un simple condiment, une huile d’olive de bonne qualité peut être considérée comme un aliment à part entière.

© Pierre Vican


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20 août 2006

Pour un environnement de travail dépollué : rendre l'utile à l'agréable

Magazine professionnel Réflexions immobilières

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Extrait

Quel rapport y a-t-il entre les navettes spatiales de la NASA, l’ambiance feutrée de nos bureaux et… les plantes vertes en pot? Aucune direz-vous. Pourtant, le lien est… subtil, mais évident : c’est une question d’atmosphère.
Les spécialistes de la pollution chimique n’ont eu de cesse de nous alerter, au cours de ce demi-siècle, sur l’impact de plus en plus nocif des produits chimiques de synthèse sur la faune, la flore et les êtres humains. Si, grâce aux recherches scientifiques, aux campagnes de sensibilisation des associations de sauvegarde de la nature et de l’environnement et à la volonté occasionnelle des pouvoirs publics d’intervenir dans ce domaine, certaines substances dangereuses ont été retirées ou leur usage limité, il reste qu’un très grand nombre d’entre elles restent en usage, sans compter de nombreuses nouvelles substances régulièrement créées et commercialisées, qui pourraient être encore plus nuisibles.

Substances chimiques nocives : les bureaux exposés en permanence

Les dangers de cette situation sont manifestes pour la santé humaine. Mais, ce que l’on sait moins – ou ce que l’on voudrait occulter – ce sont les risques que représente la présence permanente, dans la structure des immeubles d’habitation et de bureaux, de matériaux et de produits diffusant passivement dans l’atmosphère intérieure des particules tout à fait nocives pour les organismes vivants.
Il est difficile de dénombrer avec exactitude le nombre de sources de substances chimiques nocives pour l’Homme mais leur chiffre pourrait dépasser le millier. Quant aux substances chimiques et minérales elles-mêmes, ainsi diffusées dans l’air ambiant, le chiffre peut également atteindre cet ordre de grandeur voire le dépasser. Des études récentes publiées par des organismes s’intéressant à la sauvegarde de la faune ont révélé la présence de plus de 265 polluants organiques et 50 produits chimiques inorganiques dans les mammifères marins. Qu’en est-il alors des « mammifères terrestres » que nous sommes ? Peu d’études existent dans ce domaine qui nous concerne pourtant au premier chef.
Le WWF , organisation mondiale de protection de la nature et de promotion du développement durable, a exprimé son inquiétude sur l’impact des produits toxiques chimiques sur la biodiversité. Il n’y a pas un endroit dans le monde où la faune, la flore, les êtres humains et les écosystèmes dans leur intégralité ne sont menacés par des produits chimiques aux effets secondaires désastreux à moyen et à long terme.
Parmi ces effets, citons par exemple, la capacité de modifier le développement sexuel, l’équilibre neurologique et comportemental des êtres vivants, l’altération de leur reproduction et la diminution des systèmes immunitaires des êtres vivants, Homme compris.

Le problème de la pollution chimique dépasse les générations

Les responsables de la protection de la nature regrettent que la réglementation existante ne soit pas assez exhaustive ni efficace pour assurer la protection de la vie sauvage et de la santé humaine. En dépit des connaissances que nous possédons d’ores et déjà sur la contamination générale de la nature et des êtres humains et de la découverte des effets nocifs des produits chimiques de synthèse, on constate « une absence choquante de données publiquement disponibles en matière de sécurité des produits actuellement utilisés » comme s’exprimait une de ces grandes organisations internationales.
Parmi d’autres conséquences graves de cet impact général sur l’Homme, citons l’observation scientifique selon laquelle « les mères transmettent à leurs bébés des produits chimiques durant la grossesse et que des prélèvements sanguins réalisés sur les cordons ombilicaux révèlent la présence de plusieurs substances chimiques. » Nous en sommes arrivés au point où, désormais, les nouvelles générations auront à souffrir directement de notre irresponsabilité en matière écologique : la mère transmet à son bébé durant la grossesse un certain nombre de substances chimiques plus ou moins nocives auxquelles elle a été elle-même exposée. Il en est ainsi des femmes, enceintes ou pas, qui, comme les hommes, employés ou cadres, passent la plus grande partie de leur existence dans les bureaux.

76 produits toxiques différents dans le sang des parlementaires européens !

En avril 2004, le WWF a rendu publics les tests sanguins de 39 députés européens (dont Marie-Anne Isler Béguin, Harlem Désir et Danièle Auroi pour la France). Pas moins de 76 substances chimiques toxiques persistantes ont été retrouvées dans le sang des eurodéputés sur les 101 recherchées, classées en cinq groupes.En moyenne, chaque député était porteur d’un cocktail de 41 produits toxiques composés de substances persistantes (qui ne se dégradent pas dans la nature) et bio-accumulatives (qui s’accumulent dans le corps). 13 résidus chimiques (phtalates, composés perfluorés) sont retrouvés systématiquement chez tous les parlementaires.

Le « syndrome des bâtiments malsains »

Les citadins que nous sommes passons en moyenne plus de vingt heures par jour dans des atmosphères plus ou moins confinées comme celles de la maison, du bureau, de l’usine, de la voiture, des restaurants ou cafétérias, des transports en commun. Il en résulte pour notre organisme une exposition quasi permanente à une pollution interne s’avérant potentiellement plus nocive que la pollution extérieure telle qu’on peut la mesurer en ville ou à la campagne .
L’air intérieur est plus pollué que l’air l’extérieur du fait de la concentration, dans un espace habituellement restreint et confiné – surtout l’hiver mais l’été aussi –, d’un grand nombre de produits chimiques de synthèse ou de substances minérales naturelles ou transformées émanant de nombreux produits et matériaux avec lesquels nous sommes en contact de manière directe ou indirecte, mais constante. Ces produits et matériaux, sources de pollution interne, se classent en diverses catégories selon que l’on considère les structures fixes ou amovibles du bâtiment (béton, parpaings, plafonds, mur, radiateurs, canalisations…), les éléments décoratifs (peintures, revêtements, enduits, rideaux…), le mobilier et les modules de rangement et d’entreposage, les émanations toxiques dues aux machines et aux appareillages en repos ou en marche (ordinateurs, photocopieurs, machines à laver, voitures…), les sources d’énergie (lampes, radiateurs, modems, appareils de chauffage, climatiseurs…), les consommables de bureau, les parfums d’ambiance (vaporisateurs, aspirateurs, toilettes, taxis, air conditionné, linge), les vêtements que l’on porte, le tabagisme, etc. L’effet nocif combiné de cette multitude de substances indésirables qui colonisent l’atmosphère (sans parler des substances spécifiques émises pendant l’exercice de certains métiers, qui relèvent d’une autre catégorie d’effets liés aux risques et aux maladies professionnelles : mines, fourneaux, ateliers…) est connu par les scientifiques pour provoquer ce qu’ils appellent le « syndrome des bâtiments malsains » (SBS – Sick Building Syndrome). Ce syndrome a commencé par être connu du public lorsque des journalistes de la presse écrite et radiotélévisée y ont consacré des articles et des émissions. France 5 en a parlé dans son émission « Question Maison » sous la forme d’un dossier intitulé « Les plantes "dépolluantes" ». On y découvrait un autre sigle : COV (Composés Organiques Volatiles), définissant les substances polluantes qui émanent des colles de moquette, des peintures, du papier peint, etc.
La lecture du tableau inspiré par le Dr Wolverton, ancien spécialiste de la NASA (tableau 1) nous permettra de mieux nous rendre compte de l’ampleur du phénomène qui touche toutes les couches de la population et, sans doute encore plus, le personnel de bureau et ses cadres, étant donné que nous passons la majeure partie de notre vie d’adulte sur le lieu de travail.

© Pierre Vican
© photo : droits réservés.


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Chypre : une île de beauté

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DESTINATION
DÈS QUE VOUS ARRIVEZ À CHYPRE, LA NATURE VOUS ACCUEILLE avec le parfum des fleurs embaumant l'air. Troisième île de la Méditerranée par sa superficie, située au carrefour de l'Orient et de l'Occident, l'« île d'Aphrodite » étale une palette de couleurs enchanteresses qu'offrent les lauriers-roses, les arbousiers et les bougainvilliers éclatants qui s'épanouissent sur les murs blancs des maisons anciennes. République indépendante, Chypre offre un contraste saisissant entre la tradition artisanale de son arrière-pays et la modernité de ses luxueux hôtels longeant la mer, entre la chaleur de ses côtes et la fraîcheur du mont Olympos et de la montagne de Troodos, couverts de pinèdes, sillonnés de pistes de randonnée, de monastères et de vestiges archéologiques. Chypre sert aussi de refuge ou d'escale à une grande variété d'oiseaux et de plantes qui font la joie des naturalistes.

DÉCOUVERTE
NON LOIN DE SON PRINCIPAL AÉROPORT INTERNATIONAL, LARNAKA, au sud-est, est réputé pour ses cafés et ses tavernes qui longent la mer, sa promenade fréquentée et sa Marina qui attire des plaisanciers de tous les coins du monde. Outre son superbe lac salé où hivernent des colonies de flamants roses et autres espèces migratrices, son Musée archéologique et la Fondation Pierides abritent des collections d'antiquités intéressantes. 

FACILE D'ACCÈS DEPUIS LES VILLES CÔTIÈRES, LEFKOSIA (NICOSIE), capitale millénaire située au centre de l'île, conserve sa vieille ville fortifiée, ceinte de solides fortifications vénitiennes du XVIe siècle. Ses nombreux édifices historiques, ses boutiques, ses restaurants, ses rues étroites bordées de vieilles maisons aux balcons ornementés, confèrent à la ville un charme unique. Aux côtés de l'extraordinaire Musée de Chypre qui réunit la collection la plus importante d'antiquités et de trésors de l'île, on peut découvrir le magnifique Musée byzantin, l'Archevêché, la cathédrale Agios Ioannis et ses superbes fresques. Au nord du vieux Lefkosia court depuis 1974 la « Ligne verte » coupant la ville et l'île en deux parties inégales, après l'invasion du nord du pays par l'armée turque.

LA STATION BALNÉAIRE DE LEMESSOS (LIMASSOL), terre de vignobles bordée par seize kilomètres de côtes, est une agréable ville cosmopolite, animée par une vie nocturne. Doublée d'un centre commercial riche en tavernes et en restaurants, la deuxième ville du pays possède le plus grand port de l'île. Le magnifique amphithéâtre de Kourion accueille concerts l'été et festivals de théâtre. Le château de Lemesos abrite le Musée médiéval de Chypre tandis que, parmi d'autres, le Musée archéologique régional et les jardins alentours rivalisent avec de ravissants villages au pied des collines.

VOTRE SÉJOUR À CHYPRE ne saurait être complet sans la visite de quelques-unes des neuf chapelles byzantines situées dans les montagnes de Troodos, et des localités de Kato Pafos, Palaipafos et Choirokoitia que l'Unesco a classées « patrimoine de l'humanité ». Vous serez agréablement attirés par l'« Anthestiria », le festival des Fleurs de Printemps, ou le « Kataklysmos », la Fête du Déluge, la plus courue de toute l'année, qui coïncide avec la Pentecôte. Les passionnés d'archéologie auront plaisir à découvrir les mosaïques de la Villa de Dionysos, à Nicosie, le théâtre gréco-romain de Kourion et de Petra tou Romiou, lieu légendaire de naissance d'Aphrodite. Côté gastronomie, vous voudrez sans doute goûter aux fameux mézés du Byzantium Palace, dans le Laïki Yitonia, le vieux Nicosie, ou, à Lemesos, dans la taverne Edo Lemesos, au restaurant Palies Anamnisis ou encore l'Istoriko à moins que vous préfériez faire confiance aux chefs qui officient dans les grands hôtels de la côte, par exemple, au Leptos Coral Beach Hotel.

POINTS FORTS
ÎLE DE L'ÉTERNEL ÉTÉ située en Méditerranée orientale, Chypre connaît des hivers doux, suivis par des étés qui se prolongent jusqu'en novembre. En janvier, la température moyenne est de 16 °. Cette destination agréable en toute saison est également montagneuse : prévoir des vêtements plus chauds si une excursion en altitude vous tente.
L'ARRIÈRE-PAYS EST ENCORE VIERGE de toute infrastructure, jouissant d'une grande tranquillité et d'une criminalité pratiquement nulle. Les distances sont vite franchies grâce à la présence d'autoroutes.
À 3 h seulement de Paris, Chypre possède sur la côte une excellente infrastructure hôtelière dotée des standards européens élevés. Parmi les meilleurs hôtels : le Saint-Raphaël Resort et sa marina, et le Hawaii Grand Hotel Resort, à Limassol ; le Paphos Amathus Beach Hotel, l'Athena Beach Hotel et le Coral Beach Hotel Resort, à Paphos, sur la côte ouest ; le Forum Hotel Inter-Continental et le Hilton, à Nicosie ; l'Anassa Hotel & Spa à Polis, sur la baie de Chrysochou, et Le Méridien et son superbe centre de thalassothérapie, à Larnaka.

CLIENTS CIBLES
Chypre constitue une destination de choix pour les conventions. Les amoureux de la nature, de la tranquillité et de l'authenticité, tomberont sous le charme chypriote et seront surpris par la qualité des prestations offerte dans les grands hôtels.

© Photo : Office de tourisme de Chypre
© Pierre Vican, 2000


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La Seconde Guerre mondiale, 1939-1945. Objets et uniformes

Éditions de Lodi

Avant-propos de l'ouvrage

Uniformes

Tout objet est chargé de signes. Témoin d’une histoire, grande ou petite, il conserve en son être, comme gravée dans la matière, la trace de souvenirs et d’émotions enfouis dans une mémoire apparemment inerte mais féconde en réminiscences.
Voilà la justification de tous les efforts, des plus frustrants aux plus enthousiasmants, de nos collectionneurs. « À quoi bon vous acharnez-vous à rassembler ces chimères qui ne valent que le prix de la douleur et de la perte, puisque tout est voué à disparaître, tôt ou tard, y compris nous-mêmes ? » leur demande-t-on. À quoi ils rétorquent : « Nous sommes les gardiens de votre légende. Sans nous, que seriez-vous ? Des êtres sans racines, oublieux de vos faits, de votre génie et de vos égarements, enfants de nulle part… »
Il y a une soixantaine d’années, lorsque s’achevait la Seconde Guerre mondiale, désireux de tourner la page sanglante d’une folie meurtrière qui submergea la civilisation, l’on pensait faire table rase des terribles années. L’on ne compte plus depuis, en France comme à l’étranger, les commémorations, les articles, les livres, les films, les documents sonores et les sites électroniques dont le contenu se réfère à cet épisode dramatique du XXe siècle.
Fruit de plusieurs années de recherches et de découvertes passionnantes, cet ouvrage recense en un ordre logique et thématique plus de cinq mille objets et uniformes ayant appartenu à la chronique brûlante des années 1939-1945.
Ce document unique en son genre n’a pu voir le jour que grâce au dévouement de collectionneurs avisés et à l’érudition de spécialistes soucieux du détail et de l’authenticité. Tout ou presque a été évalué, daté, répertorié et nommé, de l’insigne des navires de haute mer de la Kriegsmarine à la simple botte de saut du parachutiste américain de Sainte-Mère-Église.
Ce véritable « livre-musée » aurait été incomplet s’il ne rappelait pas les heures de gloire et de détresse, les victoires et les revers des armées et des soldats jetés dans la tourmente. Opérations, forces armées, déroulement des batailles, véhicules, armement, théâtres d’opérations, bilans, citations de personnages historiques, images d’archives, anecdotes, rien ne semble manquer pour donner au lecteur une idée la plus juste possible du contexte dans lequel évoluaient et combattaient alors les protagonistes.
Nous sommes fiers de présenter cet ouvrage dont la richesse documentaire contribuera, nous l’espérons, à donner un point de vue original et une perception unique de ce que fut la dernière guerre mondiale, en laissant la « parole » aux pièces historiques que les hommes emportèrent ou abandonnèrent au fil de leur destin.

© Éditions de Lodi
© Pierre Vican, juillet 2002


Posté par pierre vican à 16:55 - 4 - Exemples d'avant-propos écrits sur commande - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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