Sortilèges de l'écriture

PIERRE VICAN

14 septembre 2006

« Voilà pourquoi j'aime l'art…»

« Voilà pourquoi j'aime l'art. C'est que, là au moins, tout est liberté, dans ce monde de fictions. On y assouvit tout, on y fait tout, on est à la fois son roi et son peuple, actif et passif, victime et prêtre. Pas de limites ; l'humanité est pour vous un pantin à grelots que l'on fait sonner au bout de sa phrase comme un bateleur au bout de son pied. »

– Gustave Flaubert, lettre à Louise Colet, 31 mars 1853



Posté par pierre vican à 21:43 - Quelques mots admirables - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

« Il est impossible de parcourir une gazette quelconque…»

« Il est impossible de parcourir une gazette quelconque, de n’importe quel jour ou quel mois ou quelle année, sans y trouver à chaque ligne les signes de la perversité humaine la plus épouvantable, en même temps que les vanteries les plus surprenantes de probité, de bonté, de charité, et les affirmations les plus effrontées relatives au progrès et à la civilisation.
Tout journal, de la première ligne à la dernière, n’est qu’un tissu d’horreurs. Guerres, crimes, vols, impudicités, tortures, crimes des princes, crimes des nations, crimes des particuliers, une ivresse d’atrocité universelle.
Et c’est de ce dégoûtant apéritif que l’homme civilisé accompagne son repas de chaque matin. Tout, en ce monde, sue le crime : le journal, la muraille et le visage de l’homme.
Je ne comprends pas qu’une main pure puisse toucher un journal sans une convulsion de dégoût. »

– Charles Baudelaire, Mon cœur mis à nu.


Posté par pierre vican à 21:25 - Quelques mots admirables - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1