20 août 2006
Ô nuit ineffable !
Soit bénie pour ce rêve intangible que tu offres chaque soir aux communs des mortels ! Ta noire lumière efface les aspérités du jour. Tu remets en question les accords diurnes. Tu étends sur les yeux des croyants un voile d’impunité. Ton chant incolore résonne d’une hypnose magnétique : «Je suis la religion du possible. Crois en moi et tu connaîtras une délivrance plus parfaite que celle que te concèdent les dieux solaires. Bois ma lueur, endors-toi dans mon sein et tes chimères seront comblées!»
Ô nuit fidèle, où caches-tu ton temple ? Délivre-moi de mes fautes dont l'astre du jour au regard implacable sans cesse me rappelle l'inexpiable aveu. Tu corromps les pensées, les gestes et les formes ; en toi je soupçonne l'envers de mon décor. Je crois en toi, Déesse absolutoire de mes envies impies. Toi seul assouvis ce que je n'ose espérer. Où est donc ton alcôve, maîtresse de mes rêves ?
© 2006, Pierre Vican
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